De 0 à 1 en une semaine, un rush pour développer un produit complet

Thomas Goyet

September 2, 2020

Chez Sparkmate, notre mission est de proposer des services en ingénierie rapides et pluridisciplinaires. On a la volonté de livrer à nos clients des prototypes fonctionnels en l’espace de quelques semaines. On sait que la vélocité et la rapidité d'exécution sont des facteurs clés pour assurer le succès d’une jeune entreprise. Bien qu’il faille en général plusieurs itérations pour obtenir une version robuste d’un produit prêt à scaler, il est généralement possible d’obtenir une première version opérationnelle en pas plus d’une semaine.

Alors parfois, on rencontre des entrepreneurs qui nous sollicitent pour du prototypage ultra-rapide. Ce sont souvent des clients à l’aise avec les concepts de prototypage et de bootstrapping, qui ont déjà l’expérience de réaliser de grandes choses avec peu de moyens. Ils nous sollicitent car ils commencent à sentir une traction sur le marché, ou bien car ils ont des partenaires ou des clients à convaincre avec une nouvelle idée. Ils recherchent une solution élégante et fonctionnelle, prête non pas en quelques semaines mais en quelques JOURS.

A ce moment-là, la plupart des bureaux d’études, des SSII ou des agences de design proposent des prototypes non-fonctionnels, comme des maquettes d’UX/UI cliquables ou des rendus 3D réalistes pour les produits physiques. C’est une approche qui peut marcher pour gagner un concours de pitch mais pas pour gagner des clients. Or ce qui importe à la fin, ce sont les clients.

Les entrepreneurs qui bootstrappent le développement de leur entreprise savent qu’il faut du temps, de l’énergie, de la passion et beaucoup de travail pour construire un bon produit. C’est parfois terriblement frustrant de ne pas pouvoir donner corps à ses idées lorsque l’on manque des compétences techniques nécessaires. Pour les produits digitaux simples, les outils no-code peuvent être très efficaces pour accomplir 80% du travail. Mais dès que l’on a besoin de s'interfacer avec d’autres systèmes et d’en créer un, un peu plus complexe que ce que l’outil permet, c’est souvent impossible.

Rassurez-vous, même avec les compétences techniques, ce n’est pas facile de passer de 0 à 1 en une semaine. Chez Sparkmate, on appelle ça un rush, et c’est très différent du concept de sprint dont on parle souvent dans les méthodologies agiles : 

  • Les sprints sont des périodes de temps assez courtes, en moyenne de 2 à 4 semaines, pendant lesquelles on exécute une liste précise de tâches. Un projet typique représente un enchaînement de 10 à 30 sprints en général.
  • Un rush, comme on appelle ça, c’est un prototype d’un projet complet, réalisé en moins de deux semaines : chaque fonction du système doit être développée pendant ce laps de temps.

Donc un rush, c’est une seule période temps pour tout un projet, et c’est ce qui fait toute la différence.

Tout est une question de rythme

Un rush est avant tout un état d’esprit qui impose un certain rythme. Il demande de se mettre en conditions pour arriver à un stade qui vous maintient productif. Pour un rush efficace, vous devez d’abord vous concentrer sur l’idée de nourrir ce feu, ce moment, cet instant de productivité si satisfaisant. Tout ce qui vous ralentirait et briserait ce rythme d’actions, pourrait simplement couper votre momentum.  

Le momentum, c’est cet élan dans lequel on se sent bien et on avance dans son projet. Les réflexions et les productions s’enchainent. On peut rapprocher le momentum de la notion de flow, cet état de productivité un peu euphorique. Ici, le momentum est non seulement productif, mais il est aussi intense car il faut remplir les objectifs du rush.

Pour un rush dans les règles de l’art, quelques conditions s’imposent :

  • Ce doit être un challenge, avec des objectifs spécifiques (mais pas une liste de tâches précises),
  • Il doit être court, une semaine dans l’idéal, pas plus de 2 semaines : si le rush dure plus longtemps, vous serez simplement trop épuisé pour tenir le rythme.
  • Il doit attiser votre curiosité et vous apprendre quelque chose de nouveau : vous ne pouvez pas (ou alors difficilement) créer un bon momentum pour quelque chose que vous avez déjà démarré auparavant ou qui ne vous excite pas. Pourquoi construire le 4ème mur d’une maison dans un rush si on a pris tout le temps de bâtir les 3 premiers, ça n’aurait pas de sens.
  • L’équipe doit être composée de 2 personnes maximum : le temps passé en gestion d’équipe coupe votre momentum et casse le rythme exigé par cet exercice
  • Il doit n’y avoir aucun, ou très peu de changements sur le projet durant la période déterminée pour le rush : encore une fois, passer du temps à comprendre ce qui doit changer et adapter ce qui a déjà été fait pourrait simplement tuer dans l’œuf tout espoir d’achever quoi que ce soit de montrable (et toute motivation).

Chez Sparkmate, on prend toujours soin de bien expliciter ces principes avec nos clients pour éviter tout quiproquos ou incompréhensions.

Comment ne pas perdre son momentum ?

Le momentum de votre projet prend la forme d’impulsions gagné au fur et à mesure que le projet avance. Alors pour ne pas le perdre, c’est simple : ne vous arrêtez jamais. Facile, non ?

Plus précisément, comme pour un saut en longueur, vous devez gardez en tête que ces impulsions proviennent de l’énergie d’un corps en mouvement. En gros, cette énergie vient de vous. C’est pour cela que l’on dit qu’un rush est un état d'esprit où les conditions demandées plus haut sont très importantes. Bien-sûr de bons outils et des méthodes efficaces aident à avancer rapidement, mais le facteur clé de succès, c’est la détermination et la perspicacité.

L’astuce est de ne jamais regarder en arrière, ce qui peut sembler simple mais s’avère en réalité difficile à mettre en place. Il y a plein d'éléments qui nous poussent parfois à “regarder en arrière” : une bonne façon de les identifier, c’est de prendre un temps après chaque session de rush pour faire le point sur ce qui n’a pas fonctionné comme prévu, et identifier comment l’éviter la prochaine fois.

Voici quelques règles que nous nous imposons chez Sparkmate pendant un rush :

  • Quoi que vous fassiez, ne le faites qu’une seule fois : ne démarrez pas une tâche qui demande un élément externe pour être terminé. Si vous programmez une fonctionnalité, soyez certains de ne pas avoir à y revenir plus tard, si vous soudez un élément, assurez-vous de le faire parfaitement. Si vous avez besoin de revenir sur quelque chose démarré quelques jours plus tôt, vous briserez votre momentum.
  • Passez 15 à 30 minutes à planifier votre journée, tous les jours : ce moment vous aide à y voir clair et organiser vos tâches.
  • Soyez transparent avec les autres et exigeant avec vous-même : passez 15 minutes chaque fin de journée pour résumer l’avancement (même quand ça ne va pas !) et adapter la road map : communiquez votre avancement avec votre équipe ou votre client vous force à avancer efficacement.
  • Estimez à la louche le temps nécessaire pour une tâche avant de la commencer, et demandez de l’aide si vous arrivez à cette échéance : tout faire par soi-même est satisfaisant, mais ce n’est pas le sujet pendant un rush. Gardez cette idée en tête vous permet de demander de l’aide avant d’être coincé.
  • Mettez vous dans des conditions confortables, pour favoriser votre concentration et n’oubliez pas de faire des pauses, de manger, et de dormir.

Le bon compromis entre les rushs et le développement classique

Un rush peut être très excitant, mais il n’y a rien de pire que de faire un rush sur un projet qui aurait dû être développé de façon plus classique. Vous devez aussi être vigilant à propos des effets du rush sur vous et votre moral. Enchaîner plusieurs rushs d’une traite n’est généralement pas une bonne idée.

Si vous aimez le sport, vous savez qu’il est important d’alterner les temps forts et les temps faibles. La même chose s’applique au développement produit. Vous ne pouvez pas passer 6 mois à développer des produits en enchaînant les rushs.

Gardez aussi à l’esprit que la définition, les principes et la méthodologie du “rush” sont très personnels. Ce qui fonctionne très bien pour nous peut ne pas vous aller. D’autant plus que de la même manière que vous n’avez pas le temps de “regarder en arrière” techniquement : une semaine intense de développement ne vous laisse pas le temps de prendre du recul personnellement, sur comment gérer sa productivité ou son stress. Prenez ce temps aussi tôt que possible auprès une session pour améliorer votre méthodologie.

Et vous c'est quoi votre méthode pour construire un produit en quelques jours ? N'hésitez pas à me contacter par email, je serai ravi qu'on en discute 😃

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Thomas Goyet

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